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Guide

Revues prédatrices : comment en reconnaître une avant de soumettre

Une définition de travail, les signaux d’alerte et qui les documente, et des outils gratuits pour tester ce qu’affirme une revue. Chaque point est sourcé plus bas.

Sources consultées le 16 octobre 2026

Une revue prédatrice encaisse des frais de publication sans fournir le travail éditorial et l’évaluation par les pairs qu’elle annonce. Une définition de consensus publiée dans Nature en 2019 retient quatre traits : informations fausses ou trompeuses, écart par rapport aux bonnes pratiques éditoriales, manque de transparence, et sollicitation agressive et indiscriminée. Aucun signe ne suffit à lui seul : confrontez ce que dit la revue à des listes indépendantes.

La définition

Grudniewicz, Moher, Cobey et leurs collègues sont parvenus à cette définition en trois tours de consensus portant sur 18 questions, publiés sous le titre « Predatory journals: no definition, no defence » (Nature 576, 210–212, 11 décembre 2019). Elle décrit des entités qui font passer leur propre intérêt avant la science.

Les auteurs mettent aussi en garde contre une lecture trop rapide de ces signes : une revue nouvelle ne peut pas encore figurer dans le DOAJ ni être membre du COPE, et une revue disposant de peu de moyens peut rester légitime. Le document de réflexion du COPE sur l’édition prédatrice (2019 ; références mises à jour en 2024) traite les « fausses » revues comme la même chose et couvre aussi les conférences prédatrices.

Les signaux d’alerte, et qui les documente

SignalÀ quoi il ressembleDocumenté par
Sollicitations agressives par e-mailDes e-mails répétés et flatteurs qui citent l’un de vos articles, pressent pour une soumission rapide ou invitent des articles hors de votre domaine.Consensus publié dans Nature (2019) ; COPE
Métriques fausses ou trompeusesUn « facteur d’impact » qui ne vient pas des Journal Citation Reports, ou une métrique d’un fournisseur inconnu.Consensus Nature (2019) ; COPE ; Clarivate
Fausses déclarations d’indexation ou d’adhésionLa revue se dit indexée dans Scopus, Web of Science, le DOAJ ou membre du COPE alors qu’elle ne l’est pas.Consensus Nature (2019) ; COPE
Évaluation très rapide ou acceptation garantieAcceptation promise en quelques jours, ou aucune description du fonctionnement de l’évaluation par les pairs.COPE ; Think. Check. Submit.
Frais flous ou cachésLes frais ne sont pas indiqués avant la soumission, ou n’apparaissent qu’après l’acceptation.Consensus Nature (2019) ; COPE ; Think. Check. Submit.
Problèmes de comité éditorialDes éditeurs impossibles à vérifier, ou des chercheurs cités sans avoir accepté d’y figurer.Consensus Nature (2019) ; COPE
ISSN qui ne correspond pasL’ISSN manque, ou il appartient à un autre titre dans le portail ISSN.COPE ; Centre international de l’ISSN
Contradictions sur la licence et le droit d’auteurUne revue en libre accès sans licence Creative Commons, ou qui demande de céder le droit d’auteur pour un article en libre accès.Consensus Nature (2019)
Incohérences et pages bâcléesDéclarations contradictoires, adresses erronées, pages web cassées ou copiées.Consensus Nature (2019)

Vérifiez vous-même — gratuitement

La revue affirmeVérifiez dansRemarques
« Indexée dans Scopus »Scopus SourcesConsultation gratuite ; Elsevier publie aussi la liste des titres Scopus, titres retirés compris, mise à jour chaque mois. Comment vérifier
« Indexée dans Web of Science » ou « facteur d’impact »Master Journal ListGratuite, mise à jour chaque mois. Clarivate conseille de vérifier que le JIF annoncé renvoie au vrai score. Comment vérifier
« Référencée dans le DOAJ »Recherche DOAJLe DOAJ publie aussi la liste publique des revues qu’il a retirées, avec la date et le motif.
Un ISSNPortail ISSNConfirme que le numéro appartient bien à ce titre. Un ISSN identifie une publication en série ; il ne dit rien de sa qualité.

Scopus Preview et la Master Journal List ne demandent aucun abonnement. Le CiteScore dans Scopus nécessite un compte gratuit.

La liste Think. Check. Submit.

Think. Check. Submit. est porté par des organisations de l’édition, dont le COPE, le DOAJ, l’OASPA, STM, l’ALPSP et le Centre international de l’ISSN ; il a été lancé en 2015. Reformulée, sa liste pour les revues demande :

  1. Vous ou vos collègues connaissez-vous la revue, et trouvez-vous facilement ses articles récents ?
  2. Son nom se distingue-t-il des autres revues, et son ISSN est-il vérifiable dans le portail ISSN ?
  3. L’éditeur est-il nommé, avec un numéro de téléphone, un e-mail et une adresse postale ?
  4. Explique-t-elle son évaluation par les pairs — relecteurs externes, combien — sans garantir l’acceptation ni une évaluation très rapide ?
  5. Est-elle indexée dans des services que vous utilisez, avec un archivage à long terme et des identifiants pérennes ?
  6. Ses frais sont-ils expliqués — ce qu’ils couvrent, quand ils sont facturés, montant et devise, exonérations éventuelles ?
  7. Ses politiques de licence, de droit d’auteur, de dépôt en archive et de conflits d’intérêts sont-elles claires ?
  8. L’éditeur est-il membre du COPE ou de l’OASPA, et une revue en libre accès figure-t-elle dans le DOAJ — ou sur une plateforme régionale comme SciELO, AJOL ou Latindex ?

Son conseil : ne soumettre que si la plupart des réponses, ou toutes, sont positives.

Les listes de revues prédatrices

La liste de Beall, la plus connue, a été retirée en ligne par son auteur, le bibliothécaire Jeffrey Beall, en janvier 2017 (rapporté par Nature le 18 janvier 2017). Des copies circulent encore ; l’archive beallslist.net indique une dernière mise à jour de l’original au 31 décembre 2016 et ne nomme aucun responsable actuel : à considérer comme historique.

Cabells Predatory Reports est une base sur abonnement, lancée en 2017 sous le nom de Cabells Blacklist et renommée en 2020. Elle recensait 20 274 revues au 30 janvier 2026, évaluées selon plus de 70 critères.

Et les frais ?

Une revue légitime indique ses frais — montant, devise, ce qu’ils couvrent, exonérations — avant la soumission. Pour les revues que nous suivons, le prix catalogue et la date à laquelle nous l’avons relevé chez l’éditeur figurent sur chaque page de frais par revue ; les règles d’exonération des éditeurs sont sur Exonérations par pays.

Un doute sur une revue précise ? Vérification manuelle gratuite. Demander la vérification → (en anglais)

Questions

Qu’est-ce qu’une revue prédatrice ?

Une revue qui fait payer les auteurs sans fournir le travail éditorial et l’évaluation par les pairs qu’elle annonce. La définition de consensus publiée dans Nature en 2019 retient quatre traits : informations fausses ou trompeuses, mauvaises pratiques éditoriales, manque de transparence et sollicitation agressive.

Comment vérifier si une revue est prédatrice ?

Testez ses affirmations : Scopus Sources pour l’indexation Scopus, la Master Journal List pour Web of Science et le facteur d’impact, le DOAJ pour le libre accès et le portail ISSN pour l’ISSN. Puis parcourez la liste Think. Check. Submit.

La liste de Beall est-elle encore mise à jour ?

Non. Jeffrey Beall l’a retirée en janvier 2017. Les copies en ligne indiquent une dernière mise à jour au 31 décembre 2016.

Sources de cette page

Définition
Grudniewicz et al., Nature 576, 210–212 (2019)
COPE
Discussion document: Predatory publishing (v1 2019 ; références mises à jour le 22 avril 2024)
Liste de vérification
Think. Check. Submit. — journals
Liste de Beall
Nature, 18 janvier 2017 ; beallslist.net
Cabells
Research Information — cap des 20 000 revues
Métriques
Clarivate — choisir où publier
Outils
Politique de contenu Scopus, revues retirées du DOAJ, ISSN.org

Voir aussi

Qu’est-ce qu’un faux facteur d’impact ?Comment le repérerEst-elle vraiment dans Scopus ?Vérification pas à pasVérifier un vrai facteur d’impactJournal Citation ReportsQu’est-ce que les Journal Citation Reports ?Édition 2026